Les 4 vérités sur le vin

Nous vous parlions précédemment de la journée d’action pour la filière vitivinicole du 30 octobre dernier. Mais, au quotidien, de nombreux professionnels du vin ou d’autres secteurs se “bougent” pour faire changer les mentalités. Ces initiatives sont malheureusement très peu relayées par les médias puisqu’il est politiquement et socialement incorrect de dire que l’on peut se faire plaisir avec un peu d’alcool, consommé avec modération et à bon escient.

Nous souhaitons donc, ici, mettre en avant l’initiative particulièrement intéressante de l’association “les 4 vérités sur le vin“. Composée de médecins, de vignerons (producteurs, négociants et caves coopératives) et de journalistes, cette association milite pour une meilleure connaissance des bienfaits et méfaits du vin. Loin du discours partisan ou exagérement alarmiste, les membres de l’association publie régulièrement un cahier d’informations avec des interviews de professionnels experts (le Professeur Cabrol notamment) et des nouvelles des actions menées en faveur d’un discours plus juste sur le vin.
On y retrouve aussi deux personnages : Bonnefoi et Pasdedoute. Bonnefoi est quelqu’un comme vous et nous qui se pose des questions sur la consommation de vin, ses effets sur la santé, les limites à ne pas dépasser… Il attend des réponses objectives et sans parti pris. Pasdedoute répond aux questions pour lesquelles on dispose d’informations validées scientifiquement au niveau mondial. Ce sont essentiellement les sujets médicaux.

Nous vous invitons à consulter leur blog. Vous pouvez aussi vous abonner au cahier d’informations (40€ les 100 exemplaires).

Les 4 vérités sur le vin

Et pour vous donner un aperçu de leur démarche, nous reprenons ci-dessous l’édito paru dans le Cahier n°3 (Septembre 2008) sous la plume de l’excellent Professeur Jean-Robert Pitte, agrégé de géographie, docteur ès lettres, professeur et ancien président de l’Université Paris IV Sorbonne :

“Il est grand temps de réformer la loi Evin et de proclamer dans tous les médias que le vin est avant tout une boisson de culture et non un quelconque moyen de s’alcooliser. Il n’est pas question de nier qu’il contienne entre 10 et 18% d’alcool selon sa provenance, son millésime, son mode d’élaboration. Pas question non plus de cesser la lutte contre l’alcoolisme, véritable fléau qui tue encore beaucoup trop en France, comme à l’étranger. Mais que l’on regarde la réalité en face : la plupart des méfaits dus à l’alcool sont liés à la bière, aux apéritifs divers, aux jus de fruits mêlés qui font la fortune des alcooliers. Il est significatif que la municipalité d’Argentan, une ville de Normandie qui compte quatre lycées, vienne de décider d’interdire les ventes d’alcool aux mineurs le mercredi et qu’une grande surface du Quartier Latin de Paris, ouverte jusqu’à minuit, ferme son rayon d’alcools le soir. Oui, les jeunes de tous milieux boivent trop et n’importe comment. Auparavant, seuls les garçons découvraient au service militaire le morose plaisir de la cuite ou, pour certains, pendant leurs études de médecine.

Désormais, cela commence à la fin du collège, devient plus fréquent au lycée, obligatoire en classe prépa ou dans les grandes écoles, comme le petit joint du soir avant de dormir et l’habitude ne passe plus, avec ses désastreuses conséquences qui ne se font pas attendre. Les parents et l’Education doivent en prendre conscience d’urgence.

Faire la morale étant devenu très contre-productif, il n’y a pas d’autres solutions que de proposer un substitut moins dangereux et culturellement enrichissant. Il est urgent d’initier les jeunes à la dégustation raisonnable du bon vin, lequel n’est pas nécessairement cher. La meilleure façon est d’inviter les jeunes vignerons talentueux, si nombreux aujourd’hui dans toutes les régions, à venir expliquer leur métier, leur production, la manière intelligente et joyeuse de boire en compagnie de ses amis. Ainsi initiés par de jeunes aînés rayonnants, ils comprendront très vite que le vin n’est pas une boisson de vieux. Il suffit de créer la mode.

Nos élus, notre Ministre de l’Education nationale doivent comprendre que c’est une nécessité pour l’avenir de la jeunesse et, en même temps, celui de la viticulture française. Il est paradoxal de voir de jeunes Américains, Anglais, Japonais, Chinois ou mêmes Indiens s’intéresser passionnément au vin, alors que les Français se délectent de soda marron et sirupeux additionné de médiocre alcool de grain issu des froides contrées du nord des îles britanniques. Jeunes compatriotes, ressaisissez-vous, retrouvez-le goût perdu du jus fermenté de la treille !”

Source : Les 4 vérités sur le vin - Cahier d’informations du mois de septembre 2008

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